Commémoration du 2 août 2026
Discours du maire :
« Ce cœur qui haïssait la guerre
voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait
qu’au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre
à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.
Robert Desnos, a superbement décrit dans ce poème l’engagement de tous ses soldats de l’ombre, de cette armée sans uniformes, de ses jeunes martyrs que nous honorons tous les premiers dimanche d’aout. Jean Bertho, dernier résistant du Maquis Surcouf, décédé le 18 juillet dernier à l’âge de 102 ans, devait aimer et comprendre ce poème, je le dédie à sa mémoire. Il a dû comme vous, comme moi se poser la question : « Quel monde laisser à nos enfants ? », le monde est devenu un village, nous sommes à portée de main de la guerre qui déchire le moyen orient mais aussi l’Europe. Mais l’actualité et les incendies qui ravagent une importante partie e notre pays doivent nous préparer à d’autres combats auxquels nous ne pourrons échapper, ceux du changement climatique, due la montée des eaux, de la surexploitations des ressources naturelles. Une phrases de Jacques Chirac à Johannesburg, prémonitoire, ne semble pas avoir été entendue : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Regardons autour de nous, travaillons ensemble sur la conservation de notre belle terre, ensemble construisons un avenir digne du sacrifice qu’ont fait pour nous les Maquisards que nous honorons aujourd’hui. »
