Rassemblement du 19 octobre

 

 

Suite au message de Madame le Maire, élus et habitants se sont réunis lundi 19 octobre 2026 à 12h devant la mairie.

 

Madame LEBLANC prononça un discours :

« Mesdames, Messieurs,
Chers habitants,
Chers commerçants,
Chers représentants des forces de l’ordre, chers élus

Merci d’être présents aujourd’hui, devant notre mairie, pour ce rassemblement citoyen.

Votre présence témoigne d’une volonté commune : celle de ne pas accepter que la violence prenne le pas sur le dialogue, que la peur remplace la confiance et que la destruction l’emporte sur le respect.

Nous sommes réunis pour exprimer notre solidarité avec les commerçants qui ont subi les violences, les dégradations et les menaces. Derrière chaque commerce, il y a une femme, un homme, une famille. Il y a des années de travail, des sacrifices, des investissements et souvent un rêve construit avec courage.

Lorsqu’une vitrine est brisée, lorsqu’un magasin est pillé ou incendié, ce n’est pas seulement un bâtiment qui est touché. C’est le travail d’une vie qui peut être menacé. C’est un sentiment de sécurité qui disparaît. C’est parfois tout un quartier qui se trouve fragilisé.

À toutes celles et ceux qui ont été victimes de ces violences,  je veux dire aujourd’hui, au nom de notre commune : vous n’êtes pas seuls. Nous sommes à vos côtés.

Le droit de manifester est fondamental, la violence est inacceptable

Dans notre République, chacun a le droit d’exprimer ses opinions, ses revendications, ses désaccords et ses colères.

Le droit de manifester est une liberté fondamentale. Il est le signe d’une démocratie vivante, dans laquelle les citoyens peuvent faire entendre leur voix et interpeller les pouvoirs publics.

Nous devons protéger ce droit, même lorsque les opinions exprimées nous dérangent.

Mais nous devons aussi rappeler une évidence : le droit de manifester n’est pas le droit de détruire. La liberté ne donne pas le droit de porter atteinte à celle des autres.

Casser, piller, incendier, s’en prendre aux personnes ou aux bâtiments publics ne constitue ni une revendication légitime ni une réponse acceptable à une injustice.

Ce sont des actes qui mettent en danger des vies, qui blessent des innocents et qui abîment notre bien commun.

Les événements survenus samedi 17 octobre, les dégradations et les incendies, notamment à la mairie de Limoges et dans d’autres villes, nous rappellent combien nos institutions et nos espaces de vie collective peuvent être fragilisés par la violence.

Une mairie n’est pas simplement un bâtiment.

Une mairie, c’est la maison commune des citoyens.

C’est le lieu où l’on vient demander de l’aide, accomplir des démarches, faire vivre la solidarité et exercer la démocratie locale.

S’en prendre à une mairie, c’est s’en prendre à un service public, mais aussi à tous les habitants qu’il représente.

Nous ne pouvons pas nous y résigner.

Notre soutien aux forces de l’ordre

Je veux également exprimer notre soutien aux femmes et aux hommes qui assurent la sécurité de tous : policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, agents publics et personnels mobilisés sur le terrain.

Ils interviennent dans des circonstances parfois extrêmement difficiles, au risque de leur propre sécurité, pour protéger les personnes, porter secours et rétablir l’ordre républicain.

Nous pouvons débattre des missions de la police, questionner les pratiques et demander que chaque intervention respecte le droit. Dans une démocratie, ces questions doivent pouvoir être examinées avec sérieux et transparence.

Mais rien ne saurait justifier les agressions contre celles et ceux qui ont pour mission de protéger la population.

Respecter l’État de droit, c’est exiger des droits et des devoirs pour tous, sans exception.

La sécurité et la liberté ne sont pas des valeurs opposées. Elles sont les deux conditions d’une vie démocratique apaisée.

L’éducation : le premier rempart contre la violence

Mais, Mesdames et Messieurs, si nous voulons répondre durablement à ces événements, nous devons aller au-delà de la condamnation.

Nous devons nous poser une question essentielle : comment construire une société dans laquelle chacun comprend que l’autre mérite le respect, même lorsqu’il est différent, même lorsqu’il n’est pas d’accord avec nous ?

La réponse commence dès l’enfance.

Victor Hugo nous a laissé cette formule célèbre :

« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. »

Cette phrase nous rappelle que l’éducation est un investissement essentiel pour l’avenir de notre société.

Apprendre à lire, à écrire et à compter est indispensable. Mais apprendre à vivre avec les autres l’est tout autant.

Nous devons transmettre à nos enfants le respect des personnes, le respect des règles communes, le respect du bien public et le respect de celles et ceux qui ne pensent pas comme eux.

Nous devons leur apprendre que la colère peut s’exprimer sans devenir violence, que le désaccord peut conduire au débat et que la frustration ne donne jamais le droit de détruire.

L’éducation ne relève pas seulement de l’école. Elle commence dans la famille, se poursuit dans les associations, dans les clubs sportifs, dans les activités culturelles et dans tous les lieux où l’on apprend à vivre ensemble.

Elle concerne aussi les élus, qui doivent montrer l’exemple, écouter les habitants et faire respecter les principes républicains.

Nous avons tous une responsabilité dans la transmission de ces valeurs.

Nous ne pouvons pas demander aux jeunes de respecter les règles si nous renonçons nous-mêmes à les faire vivre. Nous ne pouvons pas leur demander de respecter autrui sans leur montrer, chaque jour, ce que signifie ce respect.

Quelles réponses concrètes apporter ?

Face à ces violences, il ne suffit pas de s’indigner. Il faut agir.

D’abord, protéger les personnes, accompagner les commerçants victimes, faciliter leurs démarches et travailler avec les services compétents pour permettre la reprise de leur activité.

Ensuite, faire respecter la loi. Les auteurs de violences et de destructions doivent répondre de leurs actes dans le cadre de la justice. L’impunité ne peut pas être une réponse, pas plus que la vengeance ou les amalgames.

Nous devons également renforcer le dialogue avec les habitants, notamment les jeunes, afin que les difficultés, les frustrations et les désaccords puissent trouver des lieux d’expression avant de dégénérer.

Nous devons soutenir les associations, les éducateurs, les médiateurs, les clubs sportifs et les acteurs de terrain qui créent du lien social au quotidien.

Nous devons enfin faire vivre la citoyenneté : expliquer le fonctionnement de nos institutions, faire connaître les droits et les devoirs de chacun, développer les initiatives solidaires et associer davantage les habitants à la vie de leur commune.

Ces actions ne produiront pas toutes des résultats immédiats. Mais elles sont indispensables si nous voulons prévenir les violences plutôt que d’avoir toujours à les réparer.

Il n’existe pas de solution unique. Il faut conjuguer la fermeté face aux actes délictueux, une justice qui fait son travail, une présence publique adaptée et un effort de long terme en matière d’éducation et de prévention.

Chers habitants,

Nous sommes réunis aujourd’hui non pour opposer les uns aux autres, non pour désigner des boucs émissaires, mais pour rappeler ce qui nous unit.

Nous sommes des citoyens qui partageons un même territoire, des rues, des commerces, des écoles, des services publics et des espaces de rencontre.

Nous pouvons avoir des opinions différentes, des histoires différentes et des attentes différentes. C’est normal. C’est même la richesse de notre démocratie.

Mais nous devons pouvoir nous retrouver autour de principes essentiels : la liberté, l’égalité, la fraternité, le respect de la loi et la dignité de chaque personne.

La République ne se résume pas à des bâtiments, à des textes ou à des cérémonies. Elle vit dans nos actes quotidiens, dans notre manière de nous parler, de nous écouter et de prendre soin les uns des autres.

Aujourd’hui, notre présence devant cette mairie signifie que nous refusons la fatalité de la violence.

Nous affirmons notre solidarité avec les commerçants, notre soutien à celles et ceux qui protègent la population et notre attachement aux libertés fondamentales.

Nous affirmons aussi notre confiance dans l’éducation, dans la justice, dans le dialogue et dans la capacité des citoyens à construire ensemble des solutions.

La violence détruit. L’éducation construit. Le respect rassemble. La République nous unit.

Faisons en sorte que ce rassemblement ne soit pas seulement un moment d’émotion, mais le point de départ d’un engagement collectif pour une commune, un état plus solidaire, plus sereins et plus respectueux de chacun.

Je vous remercie. »

Article publié le mardi 20 octobre 2026